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Les yeux en PRO D2 – Eric Béchu (entraîneur du Montpellier Hérault Rugby)

Les yeux en PRO D2 – Eric Béchu (entraîneur du Montpellier Hérault Rugby)

Publié le 25/03/2011

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Bien qu'entraîneur de Montpellier depuis cette saison, Eric Bechu, ancien mentor du SC Albi, garde toujours une affection toute particulière pour la PRO D2, qu'il a bien connue.

- Malgré un emploi du temps chargé, vous arrive-t-il de regarder les matchs de PRO D2 ?


Oui, j'en ai visionné certains. Dès que j'ai un peu de temps et que le match est diffusé, j'aime bien regarder ce championnat. La compétition est intéressante, même en PRO D2.




- Votre regard se porte t-il plus sur le haut du classement où vous observez tous les matchs ?


Je n'ai pas de préférences, il y a des matchs intéressants à tous les niveaux. Même si mon regard s'attarde essentiellement sur le parcours d'Albi.




- Cette saison, tout le monde s'accorde à dire que la PRO D2 est extrêmement disputée, quel est votre ressenti ?

Mon impression est que la PRO D2 arrive à un stade où elle s'homogénéise. Les saisons précédentes, les grosses écuries telles que le Racing Métro 92 et le RC Toulon dominaient outrageusement le championnat. Les autres équipes étaient un peu exclues. Et cela a été le cas jusqu'à la montée d'Agen. Aujourd'hui, c'est donc un peu différent, toutes les équipes se neutralisent plus ou moins.




- Tout de même, le Lyon, Albi et Grenoble se détachent un peu, voire même Bordeaux-Bègles. Les avez-vous vu évoluer ? Comment expliqueriez-vous cela ?


Oui, il y a une certaine logique à tout cela. Notamment pour Albi et Lyon qui sont des formations avec de grosses ambitions, et ce, depuis le début de saison. Cela fait 10 ans que le Lyon OU est en PRO D2, donc le championnat il le maitrise bien, et il peut avoir des ambitions. Pour Albi, ils ont gardé une formation quasi-identique à celle de l'an passé, avec seulement trois départs, et qui ont été remplacés par des joueurs agenais. Leur ossature est très forte. Cela facilite donc la mise en place et l'organisation du groupe. En revanche, en ce qui concerne les Grenoblois et les Bordelais, la donne est différente. Ils n'ont pas encore de bases assez solides, ils alternent les gros matchs et les prestations un peu plus décevantes.




- Le classement se justifie t-il uniquement grâce aux moyens financiers ?


Oui, je ne peux pas le nier. Cela s'inscrit dans la logique du sport. C'est une réalité économique. Les plus gros budgets se retrouvent en haut du classement, c'est une règle presque infaillible. Heureusement, que parfois, l'esprit du sport l'emporte sur tout cela, aussi bien en TOP 14 Orange qu'en PRO D2. Et on ne voit pas que cela. Je pense que si le salaire ne fait pas le joueur, il y a quand même un certain équilibre. Mais une bonne organisation joue également son rôle, c'est ce que l'on voit avec Mont-de-Marsan.




- La préparation des matchs en PRO D2 et en TOP 14 Orange s'organise t-elle de la même manière ?


Il n'y a pas de grands changements en ce qui concerne le fonctionnement d'une équipe de PRO D2 et une équipe de TOP 14 Orange. Ce qui change par-dessus tout, ce sont les joueurs. Ils ont un profil un peu différent. La différence la plus notable est dans le rapport force-vitesse. En TOP 14 Orange, les joueurs sont beaucoup plus rapides, plus solides. Et même si en PRO D2, il y a d'excellents techniciens, on le voit notamment avec La Rochelle qui est montée cette année et qui a une très bonne organisation technique.




- Comment expliquez-vous que la PRO D2 suscite moins d'intérêt aux yeux du grand public alors que le niveau semble devenir plus fort ?


C'est un peu l'histoire de la poule et de l'œuf. Je pense que tout part de l'intérêt que portent les médias à ce championnat, ou au contraire de l'intérêt du public et donc du manque de retransmission… Un autre facteur entre en jeu, c'est la qualité des joueurs. Regardez à l'époque du RM92 et du RCT en PRO D2, il y avait des joueurs-stars qui provoquaient un réel engouement pour la deuxième division. Je crois que le public aime bien aussi le monde des paillettes, des gens connus… mais d'un point de vue personnel, je trouve la PRO D2 extrêmement intéressante !




- Des joueurs évoluant en PRO D2, ou encore des formations, vous ont-ils tapé dans l'œil ?


De manière générale, j'ai vu Bordeaux-Bègles faire des matchs très aboutis. Même si je trouve que sur l'ensemble de la saison c'est encore un peu trop en dents de scie. Le LOU est très solide. Mont-de-Marsan aussi a réussi à produire de grandes prestations, ils sont bien en place en défense. En joueur, il y a Brice Salobert, qui est bon et que j'aurais bien aimé avoir dans mes effectifs.




- Les grosses écuries de PRO D2 qui réussissent la montée en TOP 14 Orange ont toujours du mal à résister face à des équipes déjà en place. Pourquoi selon vous ?


La marche qui sépare les deux championnats est extrêmement élevée. Il y a là un gros écart. On le voit notamment avec La Rochelle et Agen. Il est très rare qu'une équipe, qui soit passée par les barrages et qui n'ait pas été Championne de France de PRO D2, réussisse à rivaliser avec les écuries de TOP 14 Orange. (Rires). Seule exception, c'était Albi, car leur manière de jouer était respectée.

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