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PRO D2, finale d’accession / Albi –Bordeaux-Bègles : un cru d’exception

PRO D2, finale d’accession / Albi –Bordeaux-Bègles : un cru d’exception

Publié le 22/05/2011

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Les Girondins peuvent savourer leur b elle victoire en finale, récompense d'une saison de haut niveau.

Le 1er juin 2003, une ultime défaite sur le fil, 25-26 à Mont de Marsan, envoyait Bordeaux-Bègles en deuxième division. Oublié les années 90, un titre de Champion de France en 1991 (19-10 face à Toulouse) et des performances probantes ça et là. Place à la PRO D2, et à une période de reconstruction pour que le porte drapeau rugbystique de Gironde retrouve les sommets.




Le temps est passé, et le rapprochement entre le CABBG et le Stade bordelais en 2006 marquait un tournant. Après une période de stabilisation, d'où apparaissaient de sérieuses capacités, le Président Laurent Marti dévoilait un projet sportif d'envergure afin de faire remonter le club dans l'élite. Aux commandes deux profils diamétralement opposés mais diablement complémentaires.




Marc Delpoux, solide troisième ligne sur les rives Méditerranéennes dans les années 80 et 90, entre Narbonne, Perpignan et Montpellier, fut appelé pour redonner de la teneur à un pack qui se cherchait. Vincent Etcheto, l'enfant du pays et ancien demi d'ouverture du club à la même époque était mis en place pour mener les trois quarts vers le jeu au large. Au programme trois années d'évolution pour atteindre l'objectif annoncé, la montée.




En ce dimanche 22 mai 2011, ce projet a un an d'avance, et personne ne s'en plaindra ! Bien au contraire. C'est une récompense superbe pour un club qui aura su évoluer patiemment, mais une récompense logique. Car malgré une certaine irrégularité et une difficulté certaine loin de ses bases, l'UBB a, à partir de la 7ème journée, toujours été dans les places qualifiables aux phases finales. Après, l'histoire a prouvé que sur match tout est possible…




Rien à perdre




… et les Girondins l'ont bien compris. En déplacement à Grenoble, le grand favori de ces phases finales, et disputant leur première demi-finale d'accession au TOP 14 Orange, le contexte leur était plus que défavorable. Mais libérés d'avoir atteint leurs objectifs, et décomplexés car comme le disait Marc Delpoux, « les joueurs n'avaient rien à perdre parce que personne ne les voyait gagner » l'Union a crée l'exploit.




Et comme l'on dit, l'appétit vient en mangeant. Qualifiés pour leur première finale de PRO D2, encore plus décomplexés que la semaine passée, ils ont réédité la performance. Une victoire d'autant plus significative qu'elle intervient face à Albi, redescendu de TOP 14 à l'intersaison, prétendant à la montée directe, puis à la victoire en phases finales où le club était invaincu en deux participations. Ce n'est plus le cas, la faute à des girondins intraitables.




Pourtant, dans une première période où le round d'observation dura de longues minutes, c'est Albi qui virait en tête à la pause, 11-9, grâce à un essai successif à une grossière erreur de l'arrière girondin Lilio. Sur un dégagmenet de Sola, le Fidjien, seul, s'emmêle et concède une touche gag aux Tarnais. Sur l'action suivante, les avants du SCA à la charge mettent leur ouvreur en position de drop. La défense monte au contre mais Guitoune récupère la gonfle avant d'être stoppé sous les perches. Carabignac écarte et en bout de ligne, le deuxième ligne Van der Westhuizen, tel un ailier plonge dans l'en but. Manca manque la transformation, mais Albi a le match en main…




… plus pour longtemps dans un deuxième acte dominé par les Girondins. Intenables dans le sillage d'un Avei irrésistible, les Bordelo-béglais inscrivaient deux essais par Rey et Lilo pour filer vers une victoire pleine de maîtrise et de fougue. Une fougue partagée par leurs supporters envahissant le terrain après que Monsieur Berdos, après la sirène, ait sifflé une ultime pénalité à l'avantage de leurs favoris. Appelé par le speaker du stade à quitter la pelouse, aidé en cela par les coachs de l'UBB, Etcheto sur le bord de la pelouse et Delpoux au milieu des fans, le peuple Girondins quittaient donc le pré pour y revenir 10 secondes plus tard pour y fêter la victoire des leurs et la montée en TOP 14 Orange.




Préparer la montée




La joie est à la mesure du parcours des Girondins, et ils doivent savourer cette victoire et la montée comme il se doit. Mais il faudra également garder en tête que le plus dur commence. Il faut désormais préparer la montée, bâtir un effectif capable de se maintenir au plus niveau, monter un budget qui permettra de pérenniser le projet au plus haut niveau… et la tâche est de taille.




Comme le disait Guy Accoceberry, un ancien glorieux de la maison, « il faudra que tout le monde se retrousse les manches, que tout le monde fasse plus. Si l'institutionnel suit, cela enclenchera beaucoup de choses. Ce sera une année charnière, et tout le monde sait que cela se fera dans la difficulté, mais tout peut s'enclencher très vite. Les gens sont très demandeurs de rugby, et si on leur propose les ténors du TOP 14 Orange, ils suivront, les partenaires feront de même ».




L'UBB en est conscient et reste confiant car elle a prouvé que la difficulté ne lui faisait pas peur, et qu'elle était capable de déplacer des montagnes. Des montagnes, il y en aura beaucoup la saison prochaine. C'est un autre niveau, un autre rugby. Mais avec un cru de cette qualité, qui ne demande qu'à s'améliorer cet été, tout est possible.

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