Publié le 27/10/2010

Quel regard portez-vous sur votre parcours jusqu'à aujourd'hui ?
J'ai eu un parcours semé d'embuches. J'ai tout connu.
Je suis sorti du milieu professionnel très tôt, à l'âge de 18 ans alors qu'on me prédisait un bel avenir… et j'y croyais.
J'ai eu des déceptions qui m'ont marqué à jamais, mais cela m'a aidé à avoir plus de recul et de lucidité sur mon avenir et ma vie personnelle. Et même si mes proches me poussent à croire encore à ma carrière, j'envisage déjà mon après-rugby avec une formation littéraire. Le rugby, je le vis juste avec un peu moins de rêve. C'est d'ailleurs pour ça que dès que je croise des jeunes, j'insiste sur les dangers d'arrêter les études pour ne se consacrer qu'au rugby. J'essaie de les mettre en garde.
Comment s'est passée votre arrivée dans le club stéphanois ?
Avant d'arriver à Saint-Etienne, je suis passé du plus haut niveau professionnel à celui d'amateurs… ça a été très difficile pour moi à accepter. C'était un niveau auquel je n'avais jamais joué et je dois avouer que le rugby n'était plus du tout le même. Sans compter ceux qui en rajoutent et qui vous branchent en vous rappelant là où vous êtes. Et grâce au manager du CASE et au staff, j'ai retrouvé une belle opportunité de retrouver le haut niveau, au moment même où je pensais tout arrêter. Je suis donc très content d'être dans ce club et de retrouver les terrains.
Comment vous sentez-vous physiquement ? Êtes-vous prêt à jouer ce week-end ?
La préparation du début de saison s'est bien déroulée ainsi que les matches amicaux. Mais, face à Albi je me suis fait une petite lésion au mollet. J'ai donc été obligé de me reposer et de me soigner. Aujourd'hui, je suis guéri et prêt à jouer. Tout dépendra des choix de l'entraineur.
Le club connait un début de saison difficile. Ce samedi, vous allez à Dax pour un match à gros enjeux, comment vous le préparez ?
D'un point de vue personnel, je suis détaché car quoiqu'il se passe je sais qu'il y aura d'autres rendez-vous importants par la suite. Maintenant, on sait aussi que ce match provoquera une tension particulière. L'avant-dernier contre le dernier, c'est toujours un grand combat.
L'équipe attend avec impatience ce match difficile. On sait que Dax se prépare bien, ce sera chez eux, donc on ne se rajoute pas de pression supplémentaire.
Comment envisagez-vous le reste de la saison ?
On sait qu'on nous a collé l'étiquette du dernier ! Le maintien sera un défi à relever, même si ce n'est pas évident tous les jours de jouer et de s'entrainer dans l'incertitude.
Nous sommes tous de vrais compétiteurs, donc on se battra tout au long de la saison, qui est encore longue. Il n'y a pas de vérité en sport, tout peut arriver du jour au lendemain. On sait qu'on doit tout donner. Le bilan se fera à la fin.
Un petit mot sur Olivier Grimaud votre coéquipier, qui a connu un parcours quelque peu similaire ?
Oui, nous avons un peu connu le même parcours. La gloire en 2005 avec Toulon, où il était tout jeune et faisait ses débuts. Puis, on s'est perdu de vue quand je suis parti à Biarritz. On s'est finalement retrouvé en 2009 pour le projet ambitieux du club Marseille-Vitrolles, où nous nous sommes dit qu'il y avait un coup à jouer puis finalement tout est tombé à l'eau. Sportivement, j'ai connu la pire année de ma vie, mais ce que j'ai vécu humainement était plus beau que tout. Donc je ne regrette pas.
Maintenant j'ai retrouvé un club et une fois encore, Olivier et moi allons jouer pour le même maillot. On espère qu'on vivra de beaux jours.
Crédit Photo : CASE et Marc Galaor